Les énergies renouvelables ont un pouvoir quasi-magique: elles vont nous permettre, sans coup férir et surtout sans rien changer à nos habitudes de consommation, de nous passer définitivement des énergies fossiles et nucléaire, et de réduire nos émissions de CO2. Vrai ou faux?
Par rapport à un sujet autant soumis à controverse que celui du grand éolien, l’article ci-dessous confronte le discours des professionnels de l’éolien industriel, entendant « rétablir la vérité » et réinstaurer « un climat de confiance », aux chiffres de production d’énergies selon leur origine. Malgré les affirmations contraires des professionnels de cette branche, ces chiffres démontrent que l’énergie d’origine éolienne est bel et bien « variable, quasi-intermittente et aléatoire »…
Pour qui s’intéresse à la problématique des aérogénérateurs industriels et aux dangers qu’ils génèrent, la menace que représentent pour l’avifaune ces immenses hélices (jusqu’à 140 m de diamètre de rotation) fait partie des risques connus. A l’heure ou nous nous alarmons à propos de la sixième extinction massive des espèces, la fondation 30 Millions d’Amis fournit, avec le support de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), des arguments chiffrés sur la contribution de l’éolien industriel au massacre des oiseaux. A la vue de ces chiffres, on peut se demander comment il peut encore être envisagé (voire autorisé!) d’installer de telles machines dans des Parcs Naturels Régionaux supposés être des havres de protection pour les espèces, tout particulièrement pour celles en voie de disparition…
Fabien Bouglé, auteur de « Éoliennes, la face noire de la transition énergétique », réagit sur Europe1 aux propos récents d’Emmanuel Macron à Pau concernant le grand éolien.
Ci-dessous deux éléments laissant à penser que la politique de la transition énergétique vers les énergies renouvelables, dont en particulier l’éolien industriel, soulèvent des questions en haut lieu.
Un rapport rédigé au nom de la Commission d’Enquête sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables a été enregistré à la présidence de l’Assemblée Nationale fin juillet 2019. Ce rapport très exhaustif se montre critique vis-à-vis de la façon dont sont introduites et mises en œuvre les énergies renouvelables sur le territoire français et souligne la complexité des intérêts mis en jeu. A défaut de lire le rapport dans son ensemble, l’avant propos rédigé par le président de cette commission d’enquête résume bien les constats et les problématiques soulevées, soulignant notamment « le déséquilibre existant entre un discours excessivement à charge dans le cas des énergies fossiles et un discours excessivement à décharge dans le cas des énergies dites vertes » (sic). Il ressort aussi des conclusions que « la transition énergétique a beaucoup d’un commerce de subventions publiques » et que « on pourrait même craindre une spirale du subventionnement ». Enfin, il y est fait mention spéciale de « « l’acceptabilité sociale dans les territoires en général, et du problème de l’éolien en particulier ».
Le deuxième élément se rapporte à une récente allocution de Emmanuel Macron à l’occasion de la signature d’un contrat de transition écologique entre l’Etat et la ville de Pau le 14 janvier dernier.
Le Président de la République a exprimé de nettes réserves sur le développement futur de l’éolien industriel sur les territoires. Ecoutez à ce sujet le passage entre les minutes 35 et 36 de la vidéo.
Bonjour à tous, une très bonne nouvelle pour conclure l’année 2019! Suite à l’enquête publique concernant le projet de la Queue d’Âne (implantation de quatre aérogénérateurs géants sur les communes de St Saud Lacoussière et St Jory de Chalais), la commission d’enquête vient de rendre dans son rapport officiel un avis DÉFAVORABLE au projet.
Ce résultat, même s’il ne garantit rien pour la suite, est de bonne augure, montrant notamment que l’opposition massive de la population concernée a été prise en considération.
Les rapports et conclusions de la commission peuvent être consultés sur le site de la préfecture via le lien suivant:
La Communauté de Communes du Périgord Limousin, qui fait partie du PNR du même nom, s’apprête à voter ce vendredi 13 décembre pour un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) très favorable à l’implantation d’aérogénérateurs géants sur notre territoire. Ce document fait référence à un gisement potentiel de 47 éoliennes de 220 m de hauteur (les plus hautes d’Europe)… Dans un courrier (lien ci-dessous), VIAPL interpelle les élus de ces communes ainsi que le Président de la Communauté de Communes en leur demandant de ne pas voter ce plan dans l’état, et éviter ainsi de faire le jeu des promoteurs du grand éolien au détriment de la population de notre territoire.
VIAPL a rendu hier son avis défavorable aux commissaires enquêteurs dans le cadre de l’enquête publique concernant le projet de la « Queue d’Âne » (implantation de quatre aérogénérateurs géants sur les communes de Saint Saud Lacoussière et Saint Jory de Chalais). Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de sa contribution.
Un mail de Thierry BONNE (Asso 3D) à propos de prises illégales d’intérêt dans le projet éolien des Grands Clos…
Qui dit mieux ?… Quelles seront les prochaines mises en examen en Dordogne ?…
——————————————————————————————————————–
Bonjour, Sud
Ouest (édition de Périgueux) du 4 octobre 2019 fait part de la mise en
examen d’un maire et d’un ancien maire pour prises illégales d’intérêt
dans le projet éolien des Grands Clos sur les communes de
Saint-Aulaye-Puymangou et Parcoul-Chenaud (24410, Dordogne). Asso3D
avait signalé dès 2014 au procureur de la République de
Périgueux, selon la procédure prévue par la loi, des éléments factuels
dont l’existence définit la prise illégale d’intérêt. En 2016, des faits
nouveaux avaient été signalés au procureur. En l’absence totale de
réponse, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée en
2018. Dans le même temps, le procureur général de Bordeaux a ouvert une
information judiciaire. Asso3D a pour principe de faire part d’informations exactes et référencées. Asso3D s’oppose à un projet en proscrivant les attaques personnelles. Cordialement,Thierry Bonne06 28 22 54 52 Asso3D – Défense du val de Dronne et de la Double defense.dronne.double@gmail.com www.Asso3D.fr https://www.facebook.com/Asso3D
Sud Ouest (édition de Périgueux) du 4 octobre 2019, à la une :
Sud Ouest (édition de Périgueux) du 4 octobre 2019, page 15 :
Rien de nouveau à l’horizon, certes, mais ce témoignage nous rappelle une fois de plus la grande escroquerie qu’est l’éolien industriel…Merci à l’adhérente de VIAPL qui nous l’a envoyé via la boîte mail.
Bonne lecture.
ÉOLIENNES. LA GRANDE ARNAQUE DES BRASSEURS DE VENT.
Témoignage :
Témoignage d’une agricultrice bio.
(Le démantèlement d’un éolienne de 2 MW sans compter le béton en armé indestructible, est à la charge du propriétaire du terrain, commune ou particulier)
J’ai
35 ans, je suis agricultrice bio en Auvergne. Il y a deux ans, j’ai été
contactée par une entreprise privée qui avait pour projet d’installer
un parc d’éoliennes dans ma commune.
>
Je les ai reçus avec joie ! J’avais hâte de participer à un projet
écologiste et d’apporter mon grain de sel à la fin du nucléaire.
–
Première surprise : je m’attendais à rencontrer un représentant de
l’État, ou de la préfecture pour ce genre de projet (l’énergie est, il
me semble, le bien de tous et nous sommes tous concernés).
–
En fait, il n’en était rien : c’était bien une entreprise privée
financée par des fonds de pensions étrangers qui était chargée du
projet.
>
Un peu bizarre, mais, après m’être renseignée, je me suis aperçue que
tous les projets étaient tenus par des sociétés privées qui prospectent
un peu partout en France pour chercher des terrains où placer des
éoliennes.
> Je pensais donc que cette société voulait m’acheter un bout de terrain, un peu comme un promoteur immobilier « du vert ». > >
– Deuxième surprise : la société envisageait effectivement
d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne voulait « surtout pas »
me déposséder de mes terres. Elle voulait seulement louer le terrain.Et
cela, pour une somme absolument mirobolante : 30.000 euros par an pour
deux éoliennes implantées.
Mes revenus actuels sont de 1.500 euros par mois, pensez-donc, … 30.000 euros net par an et pendant 20 ans. > Pendant 20 ans… 30.000 qui tombent tous les ans et je participe à l’écologie nationale. Un rêve. >
La
société a insisté pour que je signe « rapidement », car d’autres
agriculteurs pouvaient être aussi intéressés. A 30.000 euros par an, je
n’en doutais pas une seconde.
Mais… je suis auvergnate, et par nature, méfiante, « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la posséder ? Ici ? > >
Là où nos terres ne valent pas grand-chose ? Il y a un loup quelque
part. Alors j’ai cherché le loup. Et je l’ai trouvé en demandant un
nouveau rendez-vous avec la société. Je leur ai demandé un contrat du
bail…..Et j’ai lu toutes les petites lignes.
– Et voici la question que je leur ai posée : au bout de 20 ans, que se passe-t-il ? >
Une réponse très floue : ….on ne sera plus là, car on revend nos
implantations à des entreprises étrangères (chinoises notamment). Mais
comme la loi nous demande de prévoir le démantèlement de l’éolienne.
Nous vous provisionnons 50.000 euros pour vos deux éoliennes.
>
Parce, bien entendu, au bout de 20 ans, une éolienne, elle est en fin
de course, foutue et il est stipulé de la démonter. Ah bon!
Alors j’ai fait venir plusieurs entreprises spécialisées dans le démantèlement des éoliennes. >
Résultat
: devis pour une éolienne (hauteur 80 mètres), le coût minimum est de
450.000 euros par éolienne. A charge du propriétaire du terrain. Et
s’il ne peut pas payer ? Comme il s’agit d’une éolienne industrielle,
l’État se retourne contre le propriétaire, puis contre la commune. >
Je fais un rapide calcul : le projet d’ensemble de ma commune de 200
habitants comprend 7 éoliennes. Soit 450 000 x 7 = 3.150.000 de dette
pour la commune. > > C’est la faillite pour
tous. Ensuite je me suis demandé pourquoi cette société voulait
implanter des éoliennes dans un endroit où il y a si peu de vent.
–
Réponses : en effet, il n’y a pas assez de vent, mais nous allons
construire des éoliennes beaucoup plus hautes…80 mètres de haut. > > Fort bien. Pour des éoliennes qui ne tourneront que 25 % du temps, c’est pas très rentable… > Mais, comment se fait-il que des fonds de pension s’intéressent tant à l’éolien en France ? > – Tout
simple ! En France, une loi exige que l’énergie verte des éoliennes
soit achetée en priorité deux fois le prix des autres énergies
(l’hydraulique, qui est pourtant totalement vert, n’a pas ce privilège
!). Donc, c’est intéressant pour les investisseurs étrangers, sans doute
en pleine complicité avec notre gouvernement.. > > Car, qui paye cette différence ? …C’EST NOUS ! > >
Regardez bien votre facture EDF, il y a une petite ligne qui indique
que « nous participons au développement de l’énergie verte « . > – En fait, nous finançons des actionnaires étrangers.
Ah oui ! Je ne vous ai pas tout dit ! Cette énergie est essentiellement destinée à être exportée. Donc pas du tout destinée à faire fermer les centrales nucléaires. Ça, les actionnaires s’en fichent totalement. Moi pas. > > Le développement de l’éolien en France va coûter 75 milliards d’Euros financés par nous-même pour détruire nos paysages, notre tourisme, la valeur de nos biens immobiliers et nos parcelles cultivables. > > Avec cet argent, l’état pourrait redistribuer à chaque français une part pour isoler dignement son logement. Nous pourrions ainsi fermer 18 réacteurs nucléaires. Mais ça, ça ne rapporterait rien aux actionnaires. >
Dérèglement climatique : pourquoi l’irrationalité de nombre de militants de l’environnement aggrave le problème
Entretien exclusif avec le militant écologiste américain Michael Shellenberger, cosignataire du manifeste pour l’éco-modernisme. Il nous explique pourquoi l’utopie des énergies renouvelables est en train de se briser sur le mur du réel Ajouter au classeurLecture Zen 20 28 73 Avec Michael Shellenberger
Atlantico : Vous parliez dans les médias américains
ces derniers jours de l’éclatement de la bulle des énergies
renouvelables. Pouvez-vous expliquer les raisons pour lesquelles vous
soutenez que cette bulle est en train d’éclater ? Quels en sont les
signes ?
Michael Shellenberger : Le principal événement sur
les énergies renouvelables a lieu en Allemagne. En Allemagne, en termes
de subventions aux énergies renouvelables, il se passe vraiment trois
choses importantes. La première, c’est que ces subventions disparaissent
purement et simplement. En fait, elles disparaissent depuis quelques
années maintenant. Il n’y a tout simplement pas d’avenir pour l’éolien
en particulier, mais aussi pour d’autres énergies renouvelables en
général. La deuxième question, qui est peut-être plus importante, c’est
l’opposition locale et écologiste à la fois aux parcs éoliens et aux
lignes à haute tension. Un article du Deutsche Spiegel en parle
longuement. Des écologistes qui défendent les oiseaux et des communautés
locales se sont rapprochées parce qu’elles ne veulent pas des parcs
éoliens et des lignes à haute tension, et utilisent la défense des
animaux, en l’occurrence de certains oiseaux, pour intenter des
poursuites judiciaires et bloquer les projets. Et puis le troisième
élément est la récession dans laquelle l’Allemagne est sur le point
d’entrer, comme probablement le reste du monde. L’Allemagne est
différente de ce point de vue des Etats-Unis : quand les Etats-Unis sont
en récession, nous dépensons de l’argent. C’est pourquoi la récession
pourrait être bonne concernant les subventions aux énergies
renouvelables aux États-Unis, surtout si un démocrate devient Président ;
alors que la récession est mauvaise en Allemagne parce que la réponse
des Allemands aux récessions est l’austérité fiscale. Il est encore
moins probable que de nouvelles subventions soient accordées aux
énergies renouvelables.
Dans le cas de l’Allemagne, pensez-vous que le gaz ou le
charbon continueront à recevoir des subventions en cette période de
récession ?
Je ne sais pas dans quelle mesure les Allemands pourraient
subventionner le charbon ou le gaz plus qu’ils ne le font déjà. Dans une
certaine mesure, ils vont peut-être devoir le faire parce qu’un des
effets du solaire et de l’éolien est qu’elles font baisser les prix de
gros, ce qui rend l’exploitation même des centrales à combustibles
fossiles non rentables, donc il faut davantage les subventionner. C’est
ce qui se passe en Californie aussi. Il se peut que les Allemands aient
donc besoin de subventionner leurs centrales à combustibles fossiles
simplement pour maintenir la fiabilité du réseau électrique.
L’industrie éolienne vient de s’effondrer en Allemagne : 23 000 emplois
ont été perdus ; 15 000 mégawatts d’énergie éolienne ont été vendus aux
enchères et achetés, mais ne peuvent pas être acheminées parce que les
parcs n’ont pas été construits en raison de l’opposition locale. Les
Allemands ne peuvent pas construire les lignes à haute tension dont ils
ont besoin du Nord plutôt venteux vers le Sud pour répondre à la forte
demande énergétique industrielle.
Toutes ces conséquences découlent des limites physiques sous-jacentes
des énergies renouvelables peu fiables, en particulier l’énergie solaire
et l’énergie éolienne, après que nous ayons déjà atteint d’autres
limites pour d’autres renouvelables, à savoir l’hydroélectricité.
L’Allemagne pourrait potentiellement augmenter la biomasse, mais la
plupart des écologistes, y compris Greenpeace, sont maintenant contre la
biomasse. À ce stade, nous avons essentiellement atteint les limites
physiques des énergies renouvelables.
Tous les grands médias allemands font aujourd’hui un reportage sur le
sujet, mais la plupart d’entre eux continuent à prétendre que les
énergies renouvelables peuvent fonctionner : c’est parce qu’ils ne
veulent pas aller trop loin pour leurs lecteurs… Le meilleur
journaliste en Allemagne est Daniel Wessel. Si vous lisez son dernier
article, il décrit essentiellement la fin des énergies renouvelables.
Comment les énergies renouvelables ont-elles été
financées dans le monde ? D’une manière générale, qui a payé ou qui
paiera les conséquences de cette bulle ?
Sur le plan financier, ce sont évidemment les développeurs d’énergies
renouvelables qui en souffriront d’abord et le plus. Les banques
finissent toujours par s’en sortir… Et bien sûr, les grands perdants
sont les contribuables et les consommateurs. Tout ce que vous devez
savoir sur l’énergie et l’environnement, vous pouvez l’apprendre de
l’Allemagne et de la France. La France dépense un peu plus de la moitié
de ce que dépense l’Allemagne pour son électricité, et l’électricité
française produit l’équivalent d’un dixième des émissions de carbone de
l’électricité allemande. L’Allemagne aura dépensé 580 milliards d’euros
d’ici 2029 pour rendre l’électricité 50% plus chère sans réduire
significativement ses émissions de carbone. Et les gens disent : dans
quelle mesure est-ce dû aux énergies renouvelables et dans quelle mesure
est-ce dû à l’abandon progressif du nucléaire ? La réponse est : les
deux. Il est difficile de séparer les deux choses : on ne peut vraiment
pas le faire. Il est difficile de dire pourquoi les coûts augmentent.
Nous avons un problème semblable en Californie où, au cours de la
dernière décennie, les prix de l’électricité ont augmenté sept fois plus
que dans le reste des États-Unis, ce qui est un énorme chiffre. C’est
clairement à la fois à cause de toutes les énergies renouvelables que
nous avons utilisées et aussi parce que nous avons fermé nos centrales
nucléaires.
Comment expliquez-vous qu’il y ait eu un tel aveuglement
politique sur la rentabilité des énergies renouvelables et sur leurs
impacts environnementaux ?
Cela peut s’expliquer presque à 100% par le recours à l’erreur qu’est « l’appel de la nature » (ndlr. appeal to nature fallacy en
anglais : l’appeal to nature est l’idée qui consiste à dire qu’une
chose est bonne parce qu’elle est naturelle). Cette erreur est la même
idée qui explique que lorsque vous allez au supermarché, si le produit
est marqué comme naturel, vous pensez que c’est mieux pour
l’environnement, vous pensez que c’est plus sain. Les énergies
renouvelables ont été commercialisées comme étant bonnes pour
l’environnement. C’est parce que certains pensent que les parcs solaires
et éoliens industriels sont plus naturels que la séparation des atomes
d’uranium qu’ils les défendent. C’est évidemment ridicule parce qu’il
s’agit dans les deux cas d’énormes quantités d’exploitation minière et
que les énergies renouvelables ont des impacts beaucoup plus importants
sur l’environnement naturel. Les parcs solaires et éoliens nécessitent
450 à 750 fois plus de place que les parcs nucléaires. L’impact des
parcs solaires et éoliens sur l’environnement naturel est trois ordres
de grandeur supérieurs à celui du nucléaire, mais nous pensons qu’il est
plus naturel parce que nous pensons que la lumière du soleil et le vent
sont naturels alors que l’uranium provient du monde souterrain et du
diable… Même si vous soulignez que les éoliennes et les parcs solaires
utilisent des terres rares et des métaux lourds, l’erreur est si
puissante qu’il est impossible de la briser.
Il est également à noter que le désir d’harmonisation avec la nature est
plus fort dans les sociétés sécularisées. Ce que nous constatons, c’est
que les personnes les plus sensibles à l’erreur qu’est « l’appel de la
nature » sont celles qui ne croient pas aux dieux et au Dieu
judéo-chrétien en particulier. Ils sont à la recherche d’un substitut
plus puissant, et ce substitut plus puissant est la nature. Qu’est-ce
que ça pourrait être d’autre ? Il n’y a rien d’autre. Une fois qu’on
pose que Dieu est mort, la nature est le seul nouveau dieu possible.
Cela se heurte à des limites parce que ce qui s’est passé, c’est qu’il
était facile de croire que les énergies renouvelables étaient une sorte
de salut jusqu’à ce que nous commencions à les utiliser en grande
quantité. Dès qu’on commence à les utiliser en grande quantité, les
impacts environnementaux sont si importants, les impacts sur les
oiseaux, les chauves-souris, les paysages et les communautés sont si
massifs, tout en produisant si peu d’énergie comparativement aux
combustibles nucléaires ou même fossiles, que nous sommes forcés de
sortir de cette sorte d’hypnose, de transe hypnotique que les pays
riches en particulier sont en train d’avoir depuis dix ou vingt ans.
Qui peut être considéré comme responsable d’avoir hypnotisé les pays riches ?
Je pense que c’est la partie la plus intéressante. Le mot « marketing »
donne l’impression qu’il s’agit de quelque chose d’imposé à la
technologie, alors que la technologie elle-même inspire la transe
hypnotique du public. En d’autres termes, c’est le fait que la
technologie des renouvelables utilise le vent et la lumière du soleil
qui assure le marketing et le « branding ». Pour autant que je sache, je
n’ai pas trouvé d’agence de publicité ou de campagne de relations
publiques de grande envergure qui essayaient de convaincre de la
légitimité des renouvelables. Elle s’est en quelque sorte vendue
d’elle-même, surtout dans les pays où deux choses se produisaient. La
première est la sécularisation dans les sociétés qui amène les gens à
chercher une alternative à Dieu et à la trouver dans la nature.
Deuxièmement, le changement climatique devient le plus grand problème
environnemental et l’un des plus grands problèmes dans le monde depuis
la fin de la guerre froide. La gauche en particulier a besoin
d’apocalypse, et elle en a besoin en partie parce qu’elle est
sécularisée, ou laïque, bref parce qu’elle ne croit pas en une religion
traditionnelle. Les « laïques » veulent avoir une vie qui ait un sens, ils
veulent croire que l’action collective compte, ils ont donc besoin
d’une vision apocalyptique et d’une utopie. Le communisme et le marxisme
fournissaient les deux éléments. L’apocalypse, c’était la révolution.
Et puis, après avoir été discrédité, l’idéologie de gauche est passée du
communisme à l’abolition des armes nucléaires, parce que la guerre
nucléaire devenait l’apocalypse que cherche la gauche. Après la fin de
la guerre froide, la gauche a dû trouver une nouvelle apocalypse et elle
a fini par trouver le changement climatique. Le changement climatique,
qui est un problème de 300 ans, et non de 30 ou de 12 ans, est devenu ce
que la gauche décrit comme un problème millénaire, une sorte de fin
apocalyptique du monde prévue pour dans quelques années. Les énergies
renouvelables ont fourni la vision utopique pour résoudre cette peur. Le
mot apocalypse vient du mot grec qui signifie « découvrir » ou « révéler ».
Ce que vous révélez avec une apocalypse, c’est un nouveau monde. Mais
le nouveau monde n’est pas un monde communiste comme on l’imaginait,
c’est un monde de durabilité, d’énergies renouvelables, de décroissance,
d’harmonie avec la nature. Tels étaient les moteurs psychologiques et
idéologiques sous-jacents du développement des énergies renouvelables.
En ce qui concerne les problèmes environnementaux, la
désinformation se répand et les réponses de la science sont en quelque
sorte négligées. Diriez-vous que c’est le principal problème ? Comment
pouvons-nous le résoudre ?
Une partie du problème réside dans le fait que nombre des plus
importants défenseurs religieux ou idéologiques des renouvelables ont
été et sont des scientifiques. Dans de nombreux pays, vous voyez que les
climatologues sont en fait des leaders religieux qui prônent les
énergies renouvelables (le GIEC préconise les énergies renouvelables).
Ces scientifiques défendaient les énergies renouvelables auprès de la
gauche bien avant d’être préoccupés par le changement climatique, parce
qu’ils les considéraient comme une alternative à l’énergie nucléaire.
Les énergies renouvelables sont devenues populaires dans les années 70
comme alternative à l’énergie nucléaire. Ce n’est que dans les années
1990 et au début des années 2000 qu’elles sont devenues populaires comme
alternative aux combustibles fossiles. La science n’a pas réussi à
contrer la religion des énergies renouvelables. Ce qui s’oppose à la
religion des énergies renouvelables, ce ne sont que les mauvaises
technologies et la mauvaise physique qui ont amené l’électricité à être
plus chère sans réduire les émissions de carbone.
Pourquoi les scientifiques ont-ils défendu cette utopie ?
En fait, c’est logique, car les scientifiques sont les personnes les
plus « laïques » de la société. Le désir de croire en une alternative de
puissance supérieure était très fort dans la communauté scientifique.
Cela remonte à la création de la bombe nucléaire. En 1945, lorsque les
États-Unis ont testé la première arme nucléaire, le scientifique qui a
inventé la bombe, Robert Oppenheimer a récité un passage de la Bhagavad
Gita et vous voyez en lui un effort pour trouver un cadre religieux
alternatif pour aider l’humanité à faire face à cette menace
apocalyptique des armes nucléaires. Il n’en a pas fourni, mais la
nouvelle gauche a créé le nouveau Dieu de la nature à partir des années
60.
Comment est-ce que cette utopie va évoluer selon vous ?
Ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe avec la montée du
nationalisme. Le nationalisme est une religion différente, c’est la
religion de l’État-nation. Parfois, elle est aussi mariée à une religion
traditionnelle, en particulier aux États-Unis. Avec les nationalistes,
vous constatez un soutien beaucoup plus fort pour l’énergie nucléaire et
un soutien beaucoup plus faible pour les énergies renouvelables. Il y a
ici une grande question pour la France. Les États-Unis possèdent plus
de réacteurs nucléaires que la France, mais la France tire une plus
grande part de son électricité du nucléaire et possède de nombreux
avantages par rapport aux États-Unis en matière nucléaire. Vous avez une
seule société centralisée, EDF, et aussi Framatome. Et
fondamentalement, ces deux sociétés contrôlées par l’État sont capables
de construire des centrales nucléaires à l’étranger, de les construire
chez elles, et peuvent faire contrepoids à la Russie et à la Chine,
comme les États-Unis ne l’ont jamais fait et comme ils ne pourraient
jamais être capables de le faire. Il a été très intéressant de voir
Macron, d’une part, se retrouver entre deux factions, l’une étant la
gauche « religieuse renouvelable verte » et le centre-gauche pro-nucléaire
(dans toute l’Europe, le centre-gauche traditionnel et le centre-droit
ont été remplacés par des nationalistes à droite et des verts à gauche),
et d’autre part, avoir des problèmes avec les Gilets Jaunes qui a été
un mouvement religieux anti-vert et anti-renouvelables nationaliste. Je
pense qu’il serait très favorable au maintien de centrales nucléaires à
bas coût en France et même à leur extension. La France devient donc très
intéressante. En Allemagne, on voit ce qui va se passer. La question en
Allemagne est la suivante : alors que la crise des énergies
renouvelables s’aggrave pour l’Allemagne, les Allemands envisagent-ils
même de retarder la fermeture des centrales nucléaires ? Si les énergies
renouvelables diminuent en Allemagne, le pouvoir des lobbies des
énergies renouvelables sera affaibli en France. Donc quoi qu’il en soit,
si Macron ou Le Pen sont élus en 2022, la France finira par faire moins
d’énergies renouvelables et aura un soutien politique plus fort pour le
nucléaire.
Propos recueillis par Augustin Doutreluingne.
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
C’est ainsi que s’est exprimé devant les médias Yannick Lagrenaudie, maire de Saint-Aulaye-Puymangou, lorsque le préfet de la Dordogne a choisi d’autoriser sur sa commune l’exploitation d’un projet éolien très fortement contesté depuis des années par les élus, la population et de très nombreux acteurs locaux.
En Nouvelle Aquitaine, dans une région peu propice à l’éolien et où l’industrie du tourisme est primordiale, on assiste à une marche forcée pour imposer ce type d’énergie alors qu’il existe des solutions alternatives bien acceptées.
Venez nombreux manifester au centre géographique de la Nouvelle Aquitaine le samedi 24 août 2019 à 10 heures 30.
Rendez-vous à la bastide de Saint-Aulaye (24410), place de la Concorde (parkings du gymnase et de la salle des fêtes, GPS : 15 rue du Dr Rousseau). Restauration possible sur place après la manifestation.
Au moment où Elisabeth Borne prend ses fonctions de ministre de la Transition écologique, nous appelons tous nos adhérents, sympathisants et soutiens à montrer leur détermination lors de cet évènement régional.
Michel Broncard, vice-président de la FED, interviendra au nom de tous les départements de la région.
Je retransmets ici un mail de Thierry Bonne d’Asso 3D
Cliquez sur le lien pour avoir accès aux informations
Bonne lecture
Cet article corrige le précédent où l’on avait cru comprendre que le Préfet avait autorisé le projet…ce qui est faux (voir à ce propos le reportage du 19/20 de France3 Périgords).
Projet éolien de Puymangou-Parcoul (24) dans la forêt de la Double : prises illégales d’intérêt et opposition des communes